Le récit d’une conférence, plus long et plus détaillé. Il reprend et développe ce que vous venez de recevoir.
23 minutes
Comment vivrons-nous demain ?
Je voudrais vous parler des Fermes de la Vie.
Mais je dois commencer par une petite correction.
Le nom vient de changer.
Nous les appelons désormais les Villages de la Vie.
Pourquoi ?
Parce qu'au fond, ce que nous construisons n'est pas une ferme.
C'est un endroit où des êtres humains doivent pouvoir continuer à vivre.
Et peut-être faut-il commencer par là.
Par une question très simple.
Notre monde va mal.
D'accord ?
Mais nous, aujourd'hui, nous allons plutôt bien.
D'accord aussi ?
Alors la question suivante est beaucoup plus intéressante :
Est-ce que le monde va aller plus mal ?
Je vous laisse répondre.
Et si votre réponse est oui, alors vient immédiatement une deuxième question :
Est-ce que cela peut avoir une influence sur notre propre vie ?
Sur notre nourriture ?
Sur l'eau que nous buvons ?
Sur notre santé ?
Sur notre sécurité ?
Sur la possibilité d'élever nos enfants ?
Et finalement, derrière toutes ces questions, il n'en reste qu'une.
Une seule.
Est-ce que ce qui est en train de se produire peut aller jusqu'à mettre en péril la vie des êtres humains ?
C'est à partir de cette question que sont nés les Villages de la Vie.
Cette question n'est pas nouvelle.
En 1972, le rapport Meadows, issu des travaux du MIT, posait déjà brutalement le problème des limites physiques de notre modèle de développement.
J'avais alors pris connaissance de ces travaux.
Mais pendant longtemps, comme beaucoup de gens, j'ai continué à vivre.
On sait quelque chose.
On le range quelque part dans sa tête.
Et la vie quotidienne reprend le dessus.
Puis, en 2003, en découvrant notamment les explications de Jean-Marc Jancovici, quelque chose a changé pour moi.
Je n'ai plus seulement compris intellectuellement le problème.
J'en ai pris la mesure.
Et en novembre 2003, j'ai commencé à faire ce que je savais faire.
Un projet.
C'est mon métier.
Mais cette fois, ce projet avait une raison extrêmement personnelle.
J'avais des petites-filles.
Et je voulais simplement qu'elles puissent avoir un avenir normal.
Pouvoir grandir.
Aimer.
Avoir des enfants peut-être.
Rire.
Travailler.
Vieillir.
En réalité, derrière toutes les réflexions que j'allais mener ensuite, il y avait une pensée beaucoup plus simple :
je ne voulais pas qu'elles meurent à vingt-cinq ans parce que notre génération n'aurait rien préparé.
Voilà l'origine des Villages de la Vie.
Et depuis plus de vingt ans, nous travaillons autour de cette question :
comment permettre à des êtres humains de continuer à vivre si le monde dans lequel nous avons appris à vivre ne fonctionne plus comme aujourd'hui ?
Il existe plusieurs façons de parler de cela.
On peut parler aux émotions.
On peut parler à la raison.
On peut aligner des courbes, des températures, des ressources, des chiffres de population, des productions agricoles, des besoins énergétiques.
Mais le problème le plus difficile n'est peut-être même pas scientifique.
Il est humain.
Parce qu'il est extraordinairement difficile de convaincre un être humain d'aujourd'hui de préparer sérieusement un monde qui n'existe pas encore.
Depuis notre naissance, nous avons appris une chose extraordinaire :
quasiment tout ce dont nous avons besoin est disponible.
Vous ouvrez un robinet : il y a de l'eau.
Vous entrez dans un magasin : il y a de la nourriture.
Vous appuyez sur un interrupteur : la lumière s'allume.
Vous êtes malade : vous appelez un médecin.
Vous voulez traverser la France : quelques heures plus tard, vous êtes arrivé.
Tout cela nous paraît tellement normal que nous avons fini par oublier une chose essentielle :
ce n'est pas la nature qui nous fournit tout cela.
C'est une civilisation extrêmement complexe. Et une civilisation peut devenir fragile.
Alors imaginons simplement que certaines choses essentielles deviennent moins disponibles.
Pas dans cent ans.
Dans notre vie.
L'eau.
La nourriture.
Les soins.
La sécurité.
Puis, progressivement, l'énergie.
L'éducation.
La transmission des connaissances.
Les outils.
Les infrastructures.
L'environnement dans lequel nous vivons.
À ce moment-là, la question n'est plus :
« Comment préserver notre niveau de vie ? »
Elle devient beaucoup plus fondamentale.
Comment vivre ?
Et juste derrière :
comment vivre demain ?
C'est la question centrale des Villages de la Vie.
Nous avons choisi de ne pas attendre d'avoir la réponse imposée par les événements.
Nous essayons de la construire maintenant.
500 personnes capables de vivre ensemble
Les Villages de la Vie sont destinés à des personnes ordinaires.
Pas à des survivalistes.
Pas à des héros.
Pas à des gens capables de vivre seuls au fond d'une forêt.
À des familles.
À des enfants.
À des personnes âgées.
À des femmes et à des hommes avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs savoirs et leurs peurs.
Des personnes volontaires pour apprendre à vivre dans un monde qui pourrait devenir beaucoup plus contraignant que celui que nous connaissons.
Et notre défi est encore plus ambitieux que cela.
Nous ne voulons pas seulement permettre à ces personnes de survivre.
Nous voulons qu'elles puissent vivre.
Et mieux encore :
nous pensons qu'une grande partie d'entre elles pourraient y être plus heureuses qu'elles ne le sont aujourd'hui.
Cela peut sembler paradoxal.
Moins de confort matériel.
Moins de vitesse.
Moins de consommation.
Mais davantage de liens.
Davantage de famille.
Davantage de temps.
Davantage d'utilité.
Davantage de transmission.
Davantage de fêtes.
Davantage de vie.
Pour comprendre le chemin parcouru, je vais vous donner quelques caractéristiques de ces Villages.
Nous imaginons des communautés d'environ 500 personnes.
Tout commence autour d'une première personne que nous appelons l'Initiatrice — ou l'Initiateur.
Elle n'est pas la cheffe.
Elle ne commande personne.
Sa fonction est différente.
Elle veille à la communauté elle-même.
Aux relations.
Aux personnes.
À ce qui les rassemble.
J'aime parfois dire qu'elle en est un peu la maman.
Non pas parce qu'elle possède le Village.
Non pas parce qu'elle le dirige.
Mais parce que quelqu'un doit prendre soin du lien qui permet à cinq cents personnes de devenir autre chose qu'une juxtaposition d'individus.
Une autre manière de s'organiser
Et maintenant viennent quelques différences beaucoup plus profondes.
Dans un Village de la Vie, il n'y a pas d'argent à l'intérieur de la communauté.
Mais nous allons même plus loin.
Il n'y a pas de prix.
Il n'y a pas de salaire.
Il n'y a pas de valeur monétaire attribuée aux biens ou aux services échangés entre les habitants.
Je ne répare pas ton toit pour que tu me doives trois heures de travail.
Je ne soigne pas ton enfant pour obtenir quelque chose en retour.
Je fais ce que je sais faire parce que la communauté en a besoin.
Et demain, lorsque j'aurai besoin des autres, ils seront là.
Le droit de propriété tel que nous le connaissons aujourd'hui laisse progressivement la place à autre chose :
le droit d'usage.
Ce qui compte n'est plus tellement :
« À qui appartient cette chose ? »
Mais :
« Qui en a besoin, et pour quoi faire ? »
Une maison est faite pour être habitée.
Un outil pour être utilisé.
Une terre pour nourrir.
Une connaissance pour être transmise.
Et surtout :
il n'y a pas de chef.
Pas de pyramide.
Pas quelqu'un, tout en haut, qui serait supposé savoir mieux que cinq cents personnes ce qu'elles doivent faire.
Mais cela ne signifie pas que tout le monde sait tout.
Au contraire.
Il existe une prééminence.
Une seule.
La prééminence du savoir-faire, de l'expérience et de la connaissance.
Devant un incendie, celui qui sait combattre le feu prend naturellement la main.
Devant une naissance difficile, c'est celui ou celle qui sait accompagner une naissance que l'on écoute.
Dans un champ, nous écoutons celui qui connaît la terre.
Devant une machine cassée, celui qui sait la réparer.
Le pouvoir n'est donc plus attaché à une position.
Il se déplace avec la connaissance nécessaire à l'instant où elle est nécessaire.
Et cette connaissance entraîne une obligation fondamentale :
celui qui sait doit transmettre.
Parce que dans un monde fragile, garder son savoir pour soi n'est plus seulement égoïste.
Cela devient dangereux pour tout le monde.
Voilà quelques-unes des idées que nous explorons depuis plus de vingt ans.
Et vous voyez que, finalement, les Villages de la Vie ne cherchent pas seulement à répondre à la question :
« Comment survivre à un monde qui va mal ? »
La question est beaucoup plus belle.
Elle est :
« Si nous devons réapprendre à vivre autrement… alors comment construire une vie qui mérite réellement d'être vécue ? »
C'est cela, les Villages de la Vie.
Passer d'aujourd'hui à demain
Mais une idée, même juste, ne suffit pas.
Il faut maintenant la rendre possible.
Et c'est là que commence probablement la partie la plus difficile de notre travail.
Parce que le problème auquel nous sommes confrontés est gigantesque.
Demain, il faudra être capable de produire, dans des conditions qui pourraient devenir extrêmement difficiles, tout ce qui permet à 500 personnes de vivre.
Pas seulement de manger.
De vivre.
Il faudra de l'eau, de la nourriture, des soins, des vêtements, des logements, de l'énergie, des outils, des semences, des moyens de transport, des connaissances, du rire, de la joie, du plaisir.
Des personnes capables de réparer, de construire, de cultiver, de soigner, d'enseigner.
Et tout cela devra fonctionner ensemble.
Parce qu'une communauté ne vit jamais grâce à une seule chose.
Elle vit grâce à des centaines, puis des milliers d'actions qui dépendent les unes des autres.
Il existe aujourd'hui des communautés qui ont conservé une capacité importante d'autonomie.
On peut penser, par exemple, à certaines communautés Amish ou à d'autres sociétés traditionnelles.
Elles nous apprennent beaucoup.
Mais elles disposent d'un avantage immense :
elles héritent d'une culture, de savoir-faire et d'une organisation construits pendant des générations.
Elles n'ont pas inventé leur manière de vivre en quelques années.
Elles l'ont reçue.
Nous, nous sommes dans une situation presque inverse.
Nous devons retrouver, reconstruire, adapter et parfois inventer en quelques années des capacités que notre civilisation a mis des siècles à abandonner.
Et nous devons le faire sans fabriquer une société triste, rigide ou uniquement préoccupée par sa survie.
Parce que notre objectif n'est pas de construire des communautés dans lesquelles on survit en serrant les dents.
Nous voulons des endroits où l'on travaille, bien sûr.
Mais aussi des endroits où l'on rit.
Où l'on chante.
Où l'on danse.
Où les enfants courent.
Où les personnes âgées ont encore une place.
Où l'on tombe amoureux.
Où l'on fait la fête.
Nous voulons sauver la vie sans supprimer ce qui donne envie de vivre.
Et nous avons un problème supplémentaire.
Nous n'avons probablement pas cinquante ans devant nous.
Peut-être avons-nous quelques années.
Peut-être davantage.
Personne ne connaît précisément le calendrier.
Mais nous savons une chose :
nous devons avancer beaucoup plus vite que ne le permettrait normalement une transformation de cette ampleur.
Alors nous avons fait un choix.
Utiliser toute la puissance des outils modernes pour préparer un monde qui, lui, pourrait disposer de beaucoup moins de technologie.
C'est un paradoxe.
Mais c'est probablement notre meilleure chance.
Regardez la difficulté.
Il faut partir d'une connaissance dont une partie importante n'existe pas encore.
Il faut retrouver celle qui existe mais qui est dispersée partout dans le monde.
Il faut identifier les femmes et les hommes qui possèdent encore certains savoir-faire.
Il faut expérimenter.
Documenter.
Corriger.
Transmettre.
Puis il faut permettre à des personnes ordinaires, qui ne possèdent pas nécessairement ces connaissances au départ, de réaliser des choses parfois complexes.
Des choses qui dépendent d'autres choses.
Au bon moment.
Dans le bon ordre.
Avec les bonnes ressources.
Et parfois dans un environnement extrêmement dégradé.
Alors nous avons commencé à construire quelque chose qui est presque invisible lorsque l'on regarde simplement un Village.
Une organisation de la connaissance et de l'action.
Imaginez un Village de 500 personnes.
Environ 300 adultes capables de participer activement à son fonctionnement.
Personne ne peut connaître tout ce qu'il faut faire.
Personne ne peut se souvenir de tout.
Personne ne peut maîtriser l'agriculture, la santé, la construction, l'eau, l'énergie, l'alimentation, les stocks, les animaux, les outils, les enfants et la sécurité.
Ce serait impossible.
Alors nous avons créé un système informatique qui doit permettre à chacun de savoir :
ce qu'il faut faire, pourquoi il faut le faire, comment le faire, avec quoi le faire, quand le faire et avec qui.
L'objectif est extrêmement simple à dire :
permettre à ces 300 personnes de faire, jour après jour, ce qui est nécessaire pour que 500 personnes puissent encore vivre dix ans plus tard.
Ce système ne décide pas à la place des humains.
Il ne remplace pas leur intelligence.
Il organise la connaissance.
Il relie les actions.
Il permet de transmettre les savoir-faire.
Il aide à ne pas oublier ce qui est essentiel.
Il accompagne une personne qui apprend.
Et progressivement, ce qui était compliqué devient une compétence humaine.
C'est extrêmement important.
Parce qu'au bout du chemin, la technologie elle-même peut devenir fragile.
La machine doit donc aider l'être humain à redevenir capable de vivre sans elle.
Et cet outil, nous avons décidé de le mettre gratuitement à disposition.
Pourquoi ?
Parce que si vous possédez quelque chose qui peut aider un être humain à protéger sa vie et celle de ses enfants, il devient difficile de lui dire :
« Vous y aurez accès si vous avez suffisamment d'argent. »
Ce serait contradictoire avec tout ce que nous essayons de construire.
Notre objectif n'est pas de vendre la possibilité de vivre.
Notre objectif est de la rendre possible.
Faire circuler la connaissance
Autour de ce cœur, nous développons d'autres outils.
Parce qu'un Village ne peut pas vivre enfermé sur lui-même.
Il faut communiquer.
Échanger des connaissances.
Demander de l'aide.
Partager une découverte.
Parler avec quelqu'un qui ne parle pas votre langue.
Préparer une action avec des personnes situées à des centaines ou des milliers de kilomètres.
Nous avons donc développé un outil de communication que nous appelons NDAJE.
NDAJE est un mot wolof lié à l'idée de réunion, de rencontre, de discussion.
Il permet à des personnes de langues différentes de travailler ensemble.
Et cela peut sembler secondaire aujourd'hui.
Mais demain, la capacité à faire circuler une connaissance peut être aussi importante que la connaissance elle-même.
Nous développons également des moyens pour capturer le savoir avant qu'il ne disparaisse.
Il existe partout dans le monde des femmes et des hommes qui savent encore faire des choses essentielles.
Cultiver certaines terres.
Conserver des aliments.
Construire avec peu de moyens, réparer, soigner, élever, fabriquer, organiser.
Mais une partie de cette connaissance est dans leur tête.
Si ces personnes disparaissent sans l'avoir transmise, nous perdons parfois plusieurs générations d'expérience en quelques secondes.
Notre travail consiste donc aussi à aller chercher cette connaissance.
À l'enregistrer.
À la comprendre.
À la transformer en quelque chose de transmissible.
Et à la mettre à disposition de ceux qui en auront besoin.
Nous travaillons également autour de ce que nous appelons les Compagnons de la Vie.
Des femmes et des hommes qui, par leur expérience, leur œuvre, leur courage, leur intelligence ou leur manière de regarder le monde, peuvent nous transmettre quelque chose.
Pas nécessairement des solutions toutes faites.
Parfois une méthode.
Parfois une connaissance.
Parfois une manière de réfléchir.
Parfois simplement une force morale.
Parce que lorsque l'on entreprend quelque chose d'aussi immense, il ne faut pas seulement des outils.
Il faut aussi des repères humains.
Mettre cette connaissance à la disposition de tous
Et puis il y a un autre chantier immense :
faire connaître tout cela.
Parce qu'une solution qui reste enfermée dans quelques ordinateurs ne sert à personne.
Nous voulons donc parler.
Expliquer.
Montrer.
Encore et encore.
Notre objectif est de publier une vidéo courte chaque jour sur les différents réseaux.
Et chaque semaine, deux vidéos plus longues, d'une vingtaine de minutes, pour prendre le temps d'expliquer un sujet, une difficulté, une solution, une expérience.
Pourquoi autant ?
Parce que nous ne cherchons pas simplement à faire connaître une organisation.
Nous essayons de faire entrer une question dans la tête de millions de personnes :
Et moi, comment vais-je vivre demain ?
Depuis plus de vingt ans, nous travaillons presque chaque jour à construire cette réponse.
Des milliers et des milliers d'heures.
Pas seulement pour écrire des idées.
Pour construire des méthodes.
Des outils.
Des organisations.
Des connaissances.
Des logiciels.
Des moyens de communication.
Des expériences de terrain.
Tout ce qui peut transformer une inquiétude en capacité d'agir.
Et progressivement, nous mettons ce travail à la disposition du public dans huit langues, afin qu'il puisse dépasser les frontières dans lesquelles il est né.
Et je voudrais terminer par quelque chose qui peut surprendre.
Tout cela n'est pas fondé sur une opposition idéologique au monde dans lequel nous vivons.
Nous ne disons pas :
« L'argent est mauvais. »
Nous ne disons pas :
« Toute autorité est mauvaise. »
L'argent et le pouvoir ont été des outils extrêmement puissants de notre civilisation.
Mais les outils ne sont utiles que tant que le monde qui les rend possibles continue de fonctionner.
Dans un environnement beaucoup plus fragile, certaines choses qui nous paraissent aujourd'hui fondamentales peuvent devenir progressivement secondaires.
Imaginez que vous ayez faim.
Celui qui possède mille euros et celui qui sait faire pousser des pommes de terre ne possèdent soudainement plus la même richesse.
Imaginez qu'une pompe tombe en panne.
Celui qui possède un titre important et celui qui sait réparer cette pompe n'ont plus le même pouvoir.
C'est cela qui va changer.
La valeur va revenir vers la capacité de faire.
Le pouvoir va revenir vers la connaissance utile.
La sécurité va revenir vers la communauté.
Et la richesse va revenir vers ce qui permet réellement de vivre.
Alors peut-être que l'argent et le pouvoir ne disparaîtront pas complètement.
Mais ils risquent de devenir beaucoup moins centraux qu'ils ne le sont aujourd'hui.
Presque anachroniques dans certains domaines.
Et peut-être qu'au fond, ce n'est pas une catastrophe.
Peut-être que ce sera aussi l'occasion de redécouvrir quelque chose que notre civilisation a parfois oublié :
un être humain n'est pas riche de ce qu'il possède.
Il est riche de ce qu'il sait faire.
De ce qu'il sait transmettre.
Des personnes sur lesquelles il peut compter.
Et de ce qu'il est capable de construire avec les autres.
C'est aussi cela que nous essayons de préparer.