1. Pourquoi les Gardiens des Moyens existent
Notre société actuelle masque une grande partie de ses dépendances.
Une personne possède une perceuse.
Mais derrière cette perceuse existent :
des mines ;
des métaux ;
des plastiques ;
des machines-outils ;
des usines ;
des batteries ;
des réseaux électriques ;
des transports ;
des logiciels ;
des pièces détachées.
Nous voyons l’objet final.
Nous voyons rarement le monde nécessaire pour qu’il continue d’exister.
Dans une situation de rupture profonde, cette différence devient fondamentale.
Le Village doit apprendre à regarder au-delà de l’objet.
2. Un moyen n’est pas seulement un objet
Les moyens comprennent évidemment les outils et les machines.
Mais beaucoup d’autres choses sont des moyens :
une matière première ;
une pièce détachée ;
un stock de semences ;
un médicament ;
un filtre ;
un récipient ;
un matériau de construction ;
un combustible ;
une aiguille ;
un câble ;
un lubrifiant ;
un produit de nettoyage ;
un instrument de mesure ;
un animal reproducteur ;
un véhicule ;
un atelier.
Tout ce qui rend une action possible peut devenir un moyen critique.
3. Connaissance et moyens sont indissociables
Les Gardiens de la Connaissance peuvent conserver parfaitement la manière de réaliser une opération.
Les Gardiens des Moyens doivent vérifier qu’elle reste réalisable.
« Nous savons comment faire » doit toujours pouvoir être complété par :
« Et nous avons de quoi le faire. »
Les deux fonctions travaillent donc en permanence ensemble.
4. Le petit objet qui arrête tout
Une grande installation peut devenir inutilisable à cause d’une pièce minuscule.
Un joint.
Une courroie.
Un fusible.
Une valve.
Un roulement.
Un filtre.
Une vis particulière.
Dans notre société, nous commandons la pièce.
Demain, cette pièce peut ne plus exister pour nous.
Il faut donc comprendre non seulement les grands équipements mais aussi leurs dépendances minuscules.
5. La durée de vie
Tout objet s’use.
Certains en quelques mois.
D’autres en plusieurs décennies.
Un Village doit pouvoir savoir :
depuis combien de temps un équipement fonctionne ;
quelle est sa durée de vie probable ;
quelles pièces s’usent ;
quand il doit être entretenu ;
ce qui existe pour le remplacer.
L’entretien n’est pas une activité secondaire.
Il transforme souvent une panne future en quelques heures de travail aujourd’hui.
6. Entretenir avant que cela casse
Dans le monde actuel, beaucoup d’équipements sont remplacés après leur panne.
Dans un monde où le remplacement devient difficile, cette logique peut être catastrophique.
Les moyens importants doivent donc être surveillés et entretenus.
Graissage.
Nettoyage.
Protection contre l’humidité.
Réglage.
Remplacement préventif d’une pièce.
Ces gestes modestes peuvent ajouter des années de vie à un équipement.
7. Réparer
La réparabilité devient une qualité essentielle.
Deux objets capables d’accomplir exactement la même fonction peuvent avoir des valeurs très différentes.
L’un est fermé, complexe, dépend de pièces propriétaires et d’un logiciel extérieur.
L’autre peut être démonté avec des outils simples et réparé avec des matériaux accessibles.
Dans le monde des Villages de la Vie, le second peut devenir infiniment plus précieux.
8. Choisir les moyens en pensant à demain
Le meilleur outil aujourd’hui n’est pas nécessairement le meilleur outil pour demain.
Il faut regarder :
sa robustesse ;
sa simplicité ;
sa consommation d’énergie ;
sa réparabilité ;
la disponibilité de ses pièces ;
la possibilité de le reproduire ;
la compétence nécessaire pour l’utiliser ;
sa dépendance à des services extérieurs.
Le prix d’achat ne suffit plus à déterminer le choix.
9. Les moyens manuels
Notre monde a parfois considéré le manuel comme dépassé.
Il peut redevenir essentiel.
Une pompe manuelle.
Une scie.
Un moulin.
Une brouette.
Un métier à tisser.
Un outil mécanique simple.
Ils demandent davantage d’énergie humaine.
Mais ils peuvent continuer à fonctionner lorsqu’un système électrique complexe s’arrête.
Le Village ne doit pas nécessairement renoncer aux technologies avancées.
Il doit posséder des niveaux de repli.
10. Les niveaux de repli
Pour une fonction vraiment vitale, il peut être utile de prévoir plusieurs manières de faire.
Une solution normale.
Une solution simplifiée.
Une solution d’urgence.
Par exemple :
une pompe électrique ;
une pompe manuelle ;
et la possibilité ultime de puiser directement.
Toutes les fonctions ne nécessitent évidemment pas trois systèmes.
Mais la question doit être posée lorsqu’une panne pourrait mettre des vies en danger.
11. La redondance coûte
Posséder deux systèmes demande davantage de matières, d’espace, d’entretien et de travail.
Il n’est donc pas possible de tout doubler.
Les Gardiens doivent aider à choisir où la redondance est réellement nécessaire.
Plus une fonction est vitale et plus les conséquences de sa perte sont graves, plus une solution de secours devient importante.
12. Les stocks
Un stock n’est pas simplement un tas d’objets.
Il faut savoir :
ce que l’on possède ;
où cela se trouve ;
dans quel état ;
combien de temps cela se conserve ;
à quelle vitesse cela est consommé ;
à partir de quel niveau il faut s’inquiéter.
Un stock inconnu est presque un stock inexistant.
13. Stocker juste
Trop peu est dangereux.
Trop peut l’être aussi.
Des produits se détériorent.
Des matières deviennent inutilisables.
De l’espace est occupé.
Du travail est nécessaire pour surveiller.
Des ressources rares sont immobilisées inutilement.
La bonne réserve n’est donc pas « le maximum possible ».
Elle dépend de la criticité du besoin, du temps nécessaire pour se réapprovisionner ou produire, et de la durée de conservation.
14. Les consommables
Certaines machines durent des décennies mais dépendent constamment de produits consommables.
Filtres.
Huiles.
Lames.
Produits chimiques.
Batteries.
Électrodes.
Réactifs médicaux.
Il faut regarder ces dépendances dès le choix du système.
Posséder une machine pendant vingt ans n’aide guère si son consommable disparaît après six mois.
15. Ce qui ne pourra plus être acheté
Une grande partie de la préparation consiste à regarder honnêtement ce que nous utilisons aujourd’hui et à demander :
« Que faisons-nous lorsque cela ne peut plus être acheté ? »
Parfois la réponse sera :
nous en conservons suffisamment.
Parfois :
nous apprenons à le fabriquer.
Parfois :
nous trouvons un substitut.
Parfois enfin :
nous réorganisons totalement l’activité pour nous en passer.
16. Produire localement
Plus une matière ou un objet peut être produit localement, moins le Village dépend d’une chaîne extérieure fragile.
Bois.
Argile.
Fibres.
Semences.
Aliments.
Certaines pièces métalliques.
Produits de nettoyage simples.
Matériaux de construction.
Cette capacité locale peut progressivement devenir aussi importante que le stock lui-même.
17. Mais ne pas vouloir tout produire
Un Village de cinq cents personnes ne peut pas produire tout ce qu’une civilisation moderne fabrique.
Ce serait irréaliste et inefficace.
L’autonomie ne signifie donc pas l’autarcie.
Le Village doit savoir faire suffisamment pour rester viable.
Et appartenir à un réseau capable de produire collectivement beaucoup davantage.
18. Les autres Villages
C’est là que les spécialisations prennent tout leur sens.
Un Village peut développer une capacité importante dans les céréales.
Un autre dans l’élevage.
Un autre dans le cuir.
Un autre dans le verre.
Un autre dans les semences.
Un autre encore autour d’un hôpital ou d’un atelier spécialisé.
Les Gardiens des Moyens doivent donc connaître non seulement ce qui existe dans leur Village mais aussi ce que le réseau peut fournir.
19. Ne pas confondre partage et dépendance
Le réseau augmente énormément les capacités.
Mais un Village ne doit pas devenir incapable de vivre dès qu’une route est coupée.
Il faut donc distinguer :
ce qui doit absolument être disponible localement ;
ce qui peut raisonnablement être partagé ;
et ce qui relève d’une spécialité rare assumée par quelques Villages.
Cette frontière sera différente selon les domaines.
20. Les routes
Une ressource située à trente kilomètres n’est réellement disponible que si l’on peut la transporter.
Une route devient donc elle-même un moyen.
Comme :
un pont ;
un véhicule ;
un animal de trait ;
un bateau ;
un moyen de communication.
Les Gardiens doivent penser aux chaînes complètes.
Pas seulement au point de départ et au point d’arrivée.
21. L’énergie
Presque tous les moyens modernes dépendent de l’énergie.
Électricité.
Carburant.
Gaz.
Batteries.
Le Village devra progressivement apprendre à distinguer :
ce qui a réellement besoin d’électricité ;
ce qui peut fonctionner autrement ;
ce qui mérite l’énergie rare disponible ;
ce qui doit pouvoir continuer sans elle.
L’énergie devient donc une question transversale à presque tous les moyens.
22. Les outils pour fabriquer les outils
Il existe un niveau particulièrement important.
Posséder un outil permet de faire quelque chose.
Posséder les moyens de fabriquer ou réparer cet outil crée une autonomie beaucoup plus profonde.
Un atelier bien pensé peut ainsi valoir davantage que des centaines d’objets stockés.
Il permet au Village de produire progressivement ses propres solutions.
23. Les machines-outils
Tour.
Fraiseuse.
Forge.
Poste de soudure.
Perceuse à colonne.
Outillage de menuiserie.
Machines de couture réparables.
Ces équipements peuvent former le socle d’une capacité de reconstruction.
Mais eux-mêmes nécessitent connaissances, entretien, pièces et énergie.
Il faut penser en couches.
24. Les matières premières
Un atelier sans matière ne produit rien.
Il faut donc réfléchir aux matières accessibles :
bois ;
acier ;
cuivre ;
aluminium ;
verre ;
cuir ;
fibres textiles ;
argile ;
chaux ;
pierre ;
caoutchouc ;
plastiques récupérables.
Certaines devront venir d’ailleurs.
D’autres pourront être obtenues ou recyclées localement.
25. Récupérer
Le monde actuel contient une quantité gigantesque de matières déjà transformées.
Dans certaines situations futures, la récupération pourra devenir une source majeure de moyens.
Un appareil hors d’usage peut devenir :
une réserve de vis ;
de câbles ;
de moteurs ;
de métaux ;
de roulements ;
de composants.
Il faudra peut-être réapprendre à voir les déchets comme des ressources.
26. Réutiliser
Le même objet peut parfois connaître plusieurs vies.
Un récipient change d’usage.
Une pièce est adaptée.
Un matériau de construction est démonté puis réemployé.
La réutilisation réduit les dépendances et les besoins de fabrication.
Elle demande cependant de l’organisation et de l’imagination.
27. Standardiser lorsque cela aide
Si le Village utilise vingt modèles différents d’un même type d’équipement, il faut conserver vingt familles de pièces et vingt connaissances de réparation.
Une certaine standardisation peut simplifier énormément la maintenance.
Elle doit néanmoins éviter une dépendance totale à un modèle unique défectueux.
Encore une fois, aucun principe ne doit devenir absolu.
28. La qualité des moyens
Un objet bon marché qui casse rapidement peut devenir un très mauvais choix.
Dans le monde actuel, on en rachète un.
Demain, cela peut être impossible.
La robustesse, la simplicité et la durée de vie prennent donc beaucoup plus de valeur.
29. Les moyens médicaux
Dans certains domaines, la difficulté devient particulièrement grande.
La médecine moderne dépend de produits extrêmement complexes :
médicaments ;
réactifs ;
matériel stérile ;
appareils ;
consommables ;
pièces.
Tout ne pourra pas être reproduit localement.
Il faudra donc distinguer ce que l’on peut stocker, produire, remplacer, partager dans le réseau et ce qui deviendra réellement rare.
30. Les semences et le vivant
Certains moyens ne sont pas des objets.
Une semence doit être reproduite.
Un troupeau doit conserver sa diversité génétique.
Un arbre fruitier doit être multiplié.
Le vivant exige une conservation active.
On ne met pas simplement une capacité agricole sur une étagère pendant vingt ans.
31. Les moyens humains
Une compétence peut elle-même être considérée comme une capacité du Village.
Un atelier sans personne capable de l’utiliser est presque inutile.
Il faut donc toujours relier :
l’outil ;
la connaissance ;
et l’humain capable de s’en servir.
32. Le rapport aux Fermiers
Ce sont généralement les utilisateurs qui connaissent le mieux leurs outils.
Ils sentent l’usure.
Ils savent ce qui manque.
Ils connaissent les petits objets indispensables.
Les Gardiens des Moyens doivent donc les écouter.
Une gestion de stock déconnectée des utilisateurs deviendrait rapidement bureaucratique et inefficace.
33. Le rapport aux Gardiens de la Connaissance
Les deux fonctions doivent presque avancer ensemble.
Chaque équipement important doit avoir :
des personnes capables de l’utiliser ;
des personnes capables de l’entretenir ;
des informations accessibles ;
les pièces essentielles ;
et autant que possible une solution de remplacement.
Connaissance sans moyen : impuissance.
Moyen sans connaissance : inutilité.
34. Le rapport aux Cercles de Qualité
Un Cercle de Qualité peut signaler :
« Notre système dépend d’une seule pompe. »
Les Gardiens des Moyens cherchent alors ce qu’il faut pour réduire cette fragilité.
Ils apportent la réalité matérielle à l’analyse du risque.
35. Le rapport au Cercle de Gestion
Les ressources ne sont pas infinies.
Deux projets peuvent avoir besoin du même matériau.
Il faudra choisir.
Le Cercle de Gestion aide à déterminer les priorités générales.
Les Gardiens des Moyens indiquent ce qui est réellement disponible et les conséquences d’un choix.
36. Ne pas devenir les propriétaires des stocks
Parce qu’ils savent où se trouvent les ressources, les Gardiens pourraient acquérir un pouvoir considérable.
« Je décide qui reçoit quoi. »
Ce serait une dérive.
Les moyens appartiennent à la communauté ou sont destinés à ses fonctions.
Les Gardiens en assurent la disponibilité et la cohérence.
Ils ne deviennent pas propriétaires de ce qu’ils gardent.
37. La transparence
Les ressources importantes doivent être visibles par ceux qui doivent décider.
Il faut éviter deux extrêmes :
tout le monde se sert librement sans aucune connaissance des conséquences ;
quelques personnes contrôlent des réserves inconnues des autres.
L’information nécessaire doit circuler.
38. Le gaspillage
Dans un monde d’abondance, une petite perte peut sembler insignifiante.
Dans un monde de rareté, elle peut avoir une autre importance.
Cela ne signifie pas vivre dans une obsession de l’économie.
Mais apprendre à reconnaître la valeur réelle des moyens disponibles.
Jeter une pièce réparable peut devenir absurde lorsque personne ne pourra en fabriquer une nouvelle.
39. Ne pas transformer la rareté en obsession
Il existe aussi un danger inverse.
Une communauté qui a peur de manquer peut commencer à tout conserver.
Ne plus rien utiliser.
Entasser.
Interdire.
Créer une culture permanente de pénurie.
Les moyens existent pour permettre de vivre.
Pas pour être contemplés dans un entrepôt.
40. Préparation, crise, reconstruction
La fonction évoluera énormément.
Pendant la préparation, il faut :
choisir ;
acheter lorsque c’est encore possible ;
constituer des stocks ;
tester ;
standardiser ;
former ;
créer des ateliers.
Pendant la crise :
protéger les moyens essentiels ;
rationner certains usages ;
réparer ;
substituer ;
échanger avec les autres Villages.
Pendant la reconstruction :
produire davantage ;
recréer des filières ;
réouvrir des échanges ;
développer progressivement des capacités plus complexes.
41. La destruction d’un stock
Incendie.
Inondation.
Vol.
Effondrement.
Contamination.
Une réserve essentielle concentrée en un seul endroit peut disparaître.
Il faudra parfois répartir certains moyens.
Une fois encore, la redondance ne concerne pas seulement les objets.
Elle concerne aussi les lieux.
42. La sécurité
Certains stocks attirent nécessairement l’attention en situation de pénurie.
Nourriture.
Médicaments.
Carburants.
Outils.
Leur protection doit être pensée.
Mais la protection des ressources ne doit pas transformer les Gardiens des Moyens en force armée ou en détenteurs d’un pouvoir sur les habitants.
Les fonctions doivent rester séparées.
43. GAÏA
GAÏA peut ici jouer un rôle extrêmement concret.
Elle peut connaître :
les moyens nécessaires à chaque processus ;
les stocks présents ;
les consommations ;
les dates de péremption ;
les cycles d’entretien ;
les pièces nécessaires ;
les équipements équivalents ;
les moyens disponibles dans d’autres Villages ;
les utilisateurs compétents.
Elle peut détecter qu’une capacité apparemment solide repose en réalité sur un élément devenu rare.
44. La petite alerte avant la grande panne
C’est exactement le rôle que nous évoquions précédemment.
« Il reste douze joints de ce modèle. »
Cela paraît insignifiant.
Mais si ce joint est nécessaire à toutes les pompes du Village et ne peut plus être acheté, cette information est énorme.
GAÏA peut aider à rendre visible ce genre de relation que personne ne garderait spontanément en tête.
45. Les effets en chaîne
Un moyen absent peut produire des conséquences très éloignées.
Pas de pièce pour une machine.
La machine s’arrête.
Une production diminue.
Des personnes sont déplacées vers une autre tâche.
Leur propre travail n’est plus fait.
Une seconde activité ralentit.
Le problème initial se propage.
Les Gardiens des Moyens doivent apprendre à penser ces chaînes.
46. La fabrication du futur
Au début, les Villages utiliseront énormément de moyens produits par le monde actuel.
C’est normal.
Progressivement, certains disparaîtront.
D’autres seront réparés.
D’autres remplacés par des solutions plus simples.
Et certaines capacités industrielles pourront peut-être être reconstruites dans le réseau.
Le monde matériel des Villages évoluera donc lui aussi.
47. Une nouvelle idée de la richesse
Dans un monde sans argent interne, la richesse change de visage.
Une caisse contenant cent roulements standards peut devenir plus utile qu’un objet de luxe.
Une bibliothèque de graines peut valoir davantage qu’une voiture prestigieuse.
Un atelier capable de réparer peut être plus précieux qu’un entrepôt d’objets neufs.
La richesse n’est plus ce qui montre que l’on possède beaucoup.
Elle devient ce qui permet encore d’agir.
48. La charge des Gardiens
Cette fonction peut sembler moins spectaculaire que d’autres.
Compter.
Ranger.
Entretenir.
Inspecter.
Anticiper.
Chercher une pièce.
Faire réparer avant la panne.
Documenter.
Mais une grande partie de la sécurité du Village reposera probablement sur ce travail invisible.
Comme toutes les autres charges, elle doit pouvoir être partagée et transmise.
49. Comment savoir si la fonction fonctionne
Elle fonctionne bien lorsque :
les moyens vitaux sont connus ;
les stocks critiques sont surveillés ;
les équipements essentiels sont entretenus ;
les pièces importantes sont anticipées ;
les solutions de remplacement sont préparées ;
les utilisateurs savent signaler leurs besoins ;
les ressources ne sont ni gaspillées ni inutilement immobilisées ;
les échanges avec les autres Villages sont connus ;
et une panne ordinaire ne se transforme pas immédiatement en catastrophe.
50. L’idée profonde
Les Gardiens des Moyens ne cherchent pas à posséder beaucoup.
Ils cherchent à empêcher une situation beaucoup plus simple :
savoir exactement ce qu’il faudrait faire et découvrir, au moment où une vie en dépend, que nous n’avons plus de quoi le faire.
Ils gardent donc moins les choses que la possibilité de continuer.