Dans un Village de la Vie, tout le monde ne sera pas toujours capable d’apporter la même chose.
Quelqu’un peut tomber malade.
Se blesser.
Perdre un proche.
Traverser une période de grande fatigue.
Vieillir.
Avoir un enfant.
Être momentanément incapable de tenir la place qu’il occupait.
Un autre peut simplement rencontrer une difficulté que personne n’avait prévue.
Le Village ne peut pas considérer ces moments comme des anomalies dont chacun devrait se débrouiller seul.
Le Cercle des Solidarités existe pour cela.
Il regarde les situations dans lesquelles un être humain risque de tomber entre les mailles de l’organisation.
Il ne remplace pas la famille.
Il ne remplace pas les amis.
Il ne remplace pas le médecin.
Il ne devient pas non plus un service administratif chargé de distribuer de l’aide.
Son rôle est plus humain.
Il cherche à comprendre ce qui manque pour que la personne puisse continuer à vivre dignement dans le Village.
Parfois, il faudra du temps.
Parfois des bras.
Parfois une présence.
Parfois remplacer quelqu’un dans son travail.
Parfois adapter son logement.
Parfois trouver une solution que personne n’avait encore imaginée.
La solidarité ne signifie pas que tout le monde doit tout porter pour tout le monde.
Elle signifie qu’une communauté refuse qu’un problème humain devienne une chute simplement parce qu’il n’entrait pas dans une case prévue.
Mais la solidarité ne doit pas non plus devenir une manière d’éviter toute responsabilité personnelle.
Celui qui peut contribuer doit contribuer.
Celui qui ne peut pas, momentanément ou durablement, doit pouvoir être soutenu sans humiliation.
Le Cercle des Solidarités existe précisément pour chercher cet équilibre.
Il rappelle au Village qu’une organisation peut être parfaitement efficace et pourtant profondément injuste si elle oublie ceux qui ne peuvent plus suivre son fonctionnement normal.
Dans un Village de la Vie, la solidarité n’est donc pas un supplément de bonté.
Elle fait partie du système qui permet à tous de continuer à appartenir au groupe.