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Le Cercle des Sages

Le Cercle des Sages

Résumé · 2 min de lecture

Il existe des problèmes qu’aucun outil, aucun règlement et aucune bonne organisation ne peuvent résoudre seuls.

Deux personnes peuvent avoir raison chacune de leur côté et ne plus parvenir à se parler.

Une blessure ancienne peut transformer un désaccord banal en conflit.

Une équipe peut cesser de fonctionner sans que personne sache exactement pourquoi.

Quelqu’un peut avoir été injuste sans être mauvais.

Un autre peut avoir été blessé sans réussir à expliquer ce qui lui arrive.

Le Cercle des Sages existe pour ces moments-là.

Il n’est pas un tribunal.

Il ne condamne pas.

Il ne distribue pas les bons et les mauvais points.

Il n’est pas non plus une assemblée de personnes âgées qui auraient toujours raison.

Être Sage est une fonction, pas un statut supérieur.

Le Sage commence par écouter.

Il essaie de comprendre ce que chacun voit, ce que chacun ressent, ce qui a été dit, ce qui n’a pas été dit et ce qui empêche désormais les personnes de retrouver seules une relation acceptable.

Parfois, il aide simplement à remettre des mots là où il n’y avait plus que de la colère.

Parfois, il rappelle une réalité oubliée.

Parfois, il fait apparaître qu’un problème présenté comme technique est surtout humain.

Parfois encore, il doit dire qu’il ne sait pas.

Son rôle n’est pas de fabriquer artificiellement la paix.

Certaines situations resteront difficiles.

Certaines personnes ne pourront plus travailler ensemble.

Certaines fautes seront réelles et devront être traitées par d’autres fonctions.

Le Cercle des Sages cherche autre chose :

éviter qu’un conflit humain mal compris ne devienne une destruction inutile pour les personnes et pour le Village.

Il doit aussi se méfier de lui-même.

Celui qu’on vient consulter peut facilement devenir celui qui croit savoir ce qui est bon pour les autres.

Le respect que l’on accorde au Sage peut devenir un pouvoir.

Il faut donc que cette fonction reste humble, temporaire, transmissible et toujours contestable.

Un bon Sage n’est pas celui dont on suit les décisions.

C’est souvent celui qui permet aux personnes concernées de retrouver assez de compréhension pour décider elles-mêmes de ce qu’elles vont faire.