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Les Villages de la Vie

Les Villages de la Vie

Résumé · 2 min de lecture

Un Village de la Vie doit pouvoir vivre par lui-même.

Mais il ne doit pas essayer de tout faire seul.

Cinq cents personnes peuvent produire leur nourriture, entretenir leurs bâtiments, soigner beaucoup de situations courantes, transmettre leurs connaissances, fabriquer une partie de leurs outils et organiser leur vie commune.

Mais cinq cents personnes ne peuvent pas tout savoir.

Tout produire.

Tout réparer.

Tout prévoir.

Tout soigner.

Construire seules un hôpital important, une université, une verrerie, une production spécialisée de médicaments, une grande capacité d’élevage ou toutes les compétences dont une société humaine peut avoir besoin.

C’est pour cela qu’il n’existe pas seulement des Villages de la Vie.

Il existe Les Villages de la Vie.

Un réseau de communautés suffisamment autonomes pour ne pas s’effondrer lorsque l’extérieur disparaît, mais suffisamment reliées pour ne pas devoir reconstruire chacune une civilisation entière derrière ses clôtures.

Un Village peut produire beaucoup de légumes.

Un autre peut disposer de terres particulièrement adaptées aux céréales.

Un autre développer un élevage important.

Un autre savoir travailler le cuir.

Un autre posséder une capacité médicale exceptionnelle.

Un autre devenir un lieu d’enseignement ou de recherche.

Un autre encore construire un atelier capable de fabriquer ou réparer ce que les autres ne peuvent pas produire.

Ils ne deviennent pas pour autant dépendants les uns des autres pour chaque geste quotidien.

Ils deviennent complémentaires.

Cette différence est essentielle.

L’objectif n’est pas de recréer le monde actuel en miniature avec des Villages entièrement spécialisés et incapables de vivre les uns sans les autres.

Chaque Village doit conserver assez de capacités essentielles pour traverser une rupture.

Mais ensemble, ils peuvent aller beaucoup plus loin que chacun séparément.

Des routes les relient.

Des personnes circulent.

Des connaissances circulent.

Des semences circulent.

Des outils circulent.

Des soins deviennent accessibles.

Des projets impossibles pour cinq cents personnes deviennent possibles pour plusieurs milliers.

Et surtout, aucun Village ne doit devenir le centre qui commande les autres.

L’ensemble des Villages de la Vie n’est pas un État miniature.

Il n’est pas une fédération dirigée depuis une capitale.

Il ne possède pas les Villages.

Il existe pour rendre possibles des choses qu’un Village ne peut pas rendre possibles seul.

Cela demande malgré tout une organisation commune.

Il faut garder certaines connaissances.

Construire des moyens rares.

Porter de grands projets.

Aider un Village qui traverse une catastrophe.

Entretenir les relations.

Trouver dans le monde des personnes capables d’apporter ce qui manque.

C’est autour de ces besoins que se construisent les fonctions communes des Villages de la Vie.

Elles ne sont pas au-dessus des Villages.

Elles sont entre eux et autour d’eux.

Leur utilité se mesure à une question simple :

Grâce à elles, les Villages deviennent-ils plus capables de vivre, sans devenir moins libres ?

C’est tout l’enjeu.

Un Village seul peut préserver des vies.

Un réseau de Villages peut recommencer à fabriquer une société.