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Le Fondateur / le Concepteur

Le Fondateur / le Concepteur

Résumé · 2 min de lecture

Les Villages de la Vie n’ont pas commencé par une organisation.

Ils ont commencé par une idée.

L’idée qu’il était possible de préparer des communautés humaines capables de continuer à vivre si le monde devenait beaucoup plus fragile.

Puis il a fallu transformer cette idée en quelque chose de beaucoup plus difficile :

une conception.

Comment vivre à cinq cents ?

Comment produire ?

Comment apprendre ?

Comment décider sans recréer un pouvoir ?

Comment transmettre ?

Comment relier les Villages ?

Comment permettre à des humains qui ne se connaissent pas encore de construire ensemble quelque chose qui devra peut-être durer plusieurs générations ?

C’est le rôle du Concepteur.

Il ne construit pas chaque Village.

Il ne dirige pas ceux qui existent.

Il ne décide pas à la place de leurs habitants.

Il essaie de construire le système qui leur permettra de naître, de comprendre ce qu’ils font et de ne pas perdre le sens de ce qui avait été imaginé au départ.

Au commencement, cette fonction peut être portée par une seule personne.

Cela lui donne naturellement une place particulière.

Elle connaît l’histoire.

Elle connaît les raisons de certaines décisions.

Elle voit parfois les relations entre plusieurs éléments que les autres découvrent séparément.

Mais cette connaissance crée un danger.

Si tout dépend toujours du Concepteur, alors rien n’a réellement été conçu.

Une conception réussie doit pouvoir quitter son concepteur.

Elle doit être comprise.

Critiquée.

Corrigée.

Transmise.

Et continuer à vivre lorsqu’il n’est plus là.

Le Fondateur n’est donc pas le propriétaire des Villages de la Vie.

Il n’en est pas le chef.

Il est celui qui a commencé à assembler les premières pièces.

Son travail n’est pas terminé lorsque les autres l’écoutent.

Il commence à être réussi lorsqu’ils n’ont plus besoin de lui pour comprendre pourquoi ces pièces existent.

Le respect que son rôle peut naturellement provoquer est réel.

Il ne faut pas le nier.

Mais, comme pour l’Initiatrice d’un Village, ce respect ne doit jamais devenir un droit de commandement.

Le Fondateur peut avoir donné une grande partie de sa vie au projet.

Cela mérite reconnaissance.

Cela ne lui donne pas la propriété de la vie qui naîtra ensuite.

Son rôle est finalement paradox